Ce n’est plus une surprise : les épisodes de forte chaleur deviennent plus fréquents, plus intenses et s’accompagnent de périodes de sécheresse prolongées. Ces conditions modifient le fonctionnement hydrologique des cours d’eau en entraînant une diminution des débits, une augmentation de la température de l’eau et une altération des habitats aquatiques.

L’état actuel

Dès le mois de juin, une baisse généralisée des débits des cours d’eau a été observée dans le Gard, touchant particulièrement les secteurs amont des bassins versants de la Cèze et des Gardons, ainsi que leurs affluents. Aujourd’hui, la situation de sécheresse est généralisé à tout le département avec les dernières prévisions du 23 juillet tel que:

  • le bassin de l’Hérault amont est en situation de crise,
  • l’Ardèche (dans sa partie gardoise), la Cèze amont, la Cèze aval, le Vidourle et le Gardon amont sont en situation d’alerte renforcée
  • l’Arre, la Vis, le Gardon aval et le bassin Dourbie/Trévezel sont en situation d’alerte
  • seul la plaine du Vistre ne connait pas de restriction d’usage de l’eau en raison de nappes bien remplies.

Cette diminution des débits favorise également le réchauffement des cours d’eau qui entraine à son tour une diminution de la quantité d’oxygène dissous, indispensable à la respiration des organismes aquatiques. Ces conditions dégradent les habitats piscicoles et réduisent les zones refuges, c’est-à-dire les secteurs où les poissons peuvent trouver des eaux plus fraîches et mieux oxygénées. Elles limitent également leurs possibilités de déplacement et augmentent la compétition pour l’accès aux ressources.

Et la température ?

En tant qu’animaux ectothermes, les poissons ne régulent pas leur température corporelle : celle-ci dépend directement de la température de l’eau.  Lorsque cette dernière devient trop élevée, ils subissent un stress thermique.

Dans le Gard, nous suivons des espèces de poissons dites “repères” de leur milieu, permettant de les définir comme des espèces référentes du bon état de l’eau. Ces poissons présentent des sensibilités différentes face au réchauffement des cours d’eau.

 

  • La truite fario possède un optimum biologique entre 4 et 19°C et une température critique létale de 25°C
  • L’optimum biologique du brochet se situe entre 10 et 24°C avec une température critique létale de 31°C
  • Le blageon a un optimum biologique situé entre 10 et 18 °C pour une température létale de 27°C & pour le barbeau fluviatile : 10 à 24°C avec une température létale de 32°C 

Sur les bassins versants gardois, les « secteurs à truites » se localise le plus en amont dans les Cévennes, les « secteurs à brochets » en aval et les « zones à barbeaux » ou blageons occupent les secteurs intermédiaires de plaines.

Afin de suivre l’évolution de la température des cours d’eau, la Fédération de Pêche du Gard a déployé un réseau de sondes en temps réel ©SQUAMA sur plusieurs bassins versants. Ces capteurs enregistrent en continu la température de l’eau et permettent d’identifier les secteurs les plus exposés aux fortes chaleurs. En regardant  les températures moyennes journalières,  il peut être ainsi vérifier si les optimums biologiques des espèces repères sont respectés ou dépassés.

À l’échelle du département, plus de la moitié des sondes enregistrent actuellement des températures supérieures aux seuils favorables pour les espèces repères, pouvant entraîner des situations de stress pour les populations piscicoles. 

Exemple sur le bassin de l’Hérault amont

Sur l’Hérault, les six sondes indiquent des températures de l’eau trop élevées pour la truite fario, correspondant à un niveau de stress modéré. Par exemple, à Pont d’Hérault, entre la fin juin et la fin juillet, la température de l’eau est restée en permanence supérieure à 22 °C, alors que l’optimum biologique de la truite fario se situe entre 4 et 19 °C. De plus, des pics de température enregistrés l’après-midi ont parfois dépassé 26 °C, soit au-delà du seuil létal estimé à 25 °C.

Sur la même période, les températures relevées à Arre restent également supérieures à la température idéale de la truite fario pendant une partie de la journée. Toutefois, les températures plus basses observées la nuit et au petit matin permettent encore de retrouver des conditions favorables, avec une eau ayant une température inférieure à 19 °C.

Sur l’Hérault, les six sondes indiquent des températures de l’eau trop élevées pour la truite fario, correspondant à un niveau de stress modéré. Par exemple, à Pont d’Hérault, entre la fin juin et la fin juillet, la température de l’eau est restée en permanence supérieure à 22 °C, alors que l’optimum biologique de la truite fario se situe entre 4 et 19 °C. De plus, des pics de température enregistrés l’après-midi ont parfois dépassé 26 °C, soit au-delà du seuil létal estimé à 25 °C.

Sur la même période, les températures relevées à Arre restent également supérieures à la température idéale de la truite fario pendant une partie de la journée. Toutefois, les températures plus basses observées la nuit et au petit matin permettent encore de retrouver des conditions favorables, avec une eau ayant une température inférieure à 19 °C.

Également, grâce aux données des sondes, on observe clairement que la température de l’eau augmente progressivement à mesure que l’on se dirige vers l’aval. Cette carte présente les températures minimales et maximales sur 24h, enregistrées le 23 juillet dans le bassin de l’Hérault gardois.

Alors que l’Arre à Arre et le Coudoulous ont encore des températures favorables à certains moment de la journée, l’aval de l’Arre se réchauffe de +1.7 °C en 14km de rivière.

Autre exemple sur le bassin des Gardons

Les peuplement piscicole des Gardons subissent également les forte température de l’eau. Avec une température encore clémente, bien que limite, sur le haut Gardon à St André de Valborgne, l’eau se réchauffe au fur est à mesure que l’on progresse vers l’aval. Le Gardon d’Alès reste cependant encore cohérent avec les exigences biologique des espèces de cyprinidés rhéophiles.

On peut cependant voir ici le rôle majeur des affluents dans un rôle de « tampon ». En effet, les affluents que sont par exemple le Brion et le Boisseson possèdent encore des température très fraiches, de part leur fonctionnement de ruisseau (source proche) et leur couvert arborée qui limite l’augmentation des températures. La Salindrenque, à contrario, participe à l’augmentation des température du Gardon.

Plus en aval encore, on note l’apport de fraicheur que fournit l’Alzon. Avec ses températures modérées et le fait que le Gardon devienne naturellement souterrain vers Sainte-Anastasie, le Gardon à Montfrin devient plus frais que le Gardon à Ners, malgré des température stressante pour le peuplement à ces 2 stations.

Et pour la pêche?

Sous proposition de la Fédération et validation de ses AAPPMA, il a été décidé que chaque situation de crise ciblée sur un territoire engendrerai une fermeture temporaire de la pêche de loisirs. Cela n’est pas pour empêcher nos pêcheurs, mais plutôt pour informer et responsabiliser la situation déjà sous tension d’un territoire.

La Fédération de Pêche du Gard a demandé un arrêté d’interdiction de la pêche quand un bassin est placé en crise par le comité de la ressource en eau. Dans l’attente de cet arrêté, la Fédération de Pêche du Gard vous demande de bien vouloir :

  • Ne pas pêcher dans les secteurs classés en état de Crise par l’arrêté sécheresse,
  • Ne pas pêcher dans les secteurs sans écoulements visibles;
  • Pour les pratiquants de la pêche dans les secteurs praticables et souhaitant remettre à l’eau leur prise, de prendre toutes les dispositions possibles pour une remise à l’eau dans les meilleures conditions possibles (épuisette, ne pas sortir les poissons hors de l’eau…).