Afin d’améliorer les fonctionnalités hydromorphologiques des cours d’eau pour la faune piscicole, la Fédération s’engage sur une étude couplant hydromorphologie, composition piscicole et suivi thermique. Cette étude s’inscrit dans son PDPG qui vise à la « réalisation de diagnostics supplémentaires sur les affluents de la Cèze (…) pour identifier d’autres zones de restaurations hydromorphologiques ».
Au terme de l’étude, des travaux seront proposés et engagés par la Fédération et l’AAPPMA pour diversifier les habitats piscicoles.
Sur quel(s) cours d’eau ?
Après avoir étudié le Clarou (BV Hérault) et 3 affluents du BV des Gardons l’année dernière, l’étude cible deux cours d’eau de plaine : la Tave et la Vionne , affluents du bassin versant de la Cèze.
Certaines portions de ces cours d’eau connaissent des dysfonctionnements. La forme de leur lit se retrouve par endroit encaissé et les berges sont rehaussées par des merlons, laissant peu d’espace de mobilité au cours d’eau. On relève également un appauvrissement tant de la qualité des substrats que de la diversité des écoulements.
Quelles méthodologies appliquées?

La méthodologie de travail consiste à réaliser un premier diagnostic hydromorphologique sur 7 tronçons répartis entre la Tave et la Vionne. Le protocole utilisé est le River Habitat Survey (RHS), autrement dit « Évaluation de la Qualité de l’Habitat« .
Lors du diagnostic, chaque tronçon est passé à la loupe et les caractéristiques suivantes sont répertoriées :
- type d’écoulement,
- substrat dominant,
- qualité de la ripisylve,
- présence d’érosion, embâcles, modifications du lit, etc.
À l’issue de cette première étape, des sous-tronçons ont pu être ciblés plus précisément permettant de mettre en lumière les zones dégradées.
Un second protocole, l’IAM (Indice d’Attractivité Morphodynamique), viendra affiner les observations et permettra de dimensionner les futurs aménagements piscicoles. À ce stade, tous les relevés de terrain ont été effectués et leur traitement est en cours.
En parallèle une pêche électrique scientifique avant travaux a été réalisée afin de pouvoir estimer le gain écologique des aménagements post-travaux. Les espèces retrouvées lors de la pêche sont les suivantes (par ordre d’apparition sur les photographies) : vairon, loche franche, blageon, goujon, truite commune, chevaine et écrevisse américaine.

Type de travaux envisagés
En raison de la présence de dysfonctionnements avérés, la possibilité d’engager des travaux sur la maîtrise foncière de l’EPTB AB Cèze (partenaire technique) et la possession des baux de pêche par l’AAPPMA Rhône Cèze, le choix des travaux se portera uniquement sur la Tave.
Afin de satisfaire les exigences écologiques des espèces repères ciblées sur le Tave, constituées de cyprinidés rhéophiles, les travaux porteront sur la diversification des vitesses et hauteurs d’eau, la création d’habitat et le resserrement des écoulements à l’étiage.
Les travaux pressentis consisteront à travailler avec des techniques végétales. Ce type de technique est adapté à la Tave puisque le cours d’eau présente une ripisylve fournie (possibilité d’utilisation du bois in situ) et dispose d’une accessibilité au cours d’eau restreinte pour des engins mécaniques. L’abattage sélectif d’arbres afin de créer des abris hydrauliques est donc une possibilité. La mise en place d’épis et de sous berges sera également étudiée puisqu’elles représentent des techniques peu coûteuses, faciles à mettre en œuvre avec une bonne intégration paysagère et qui démontrent leur efficacité. Si le secteur le permet, la pose de blocs est également envisagée.




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